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Vanessa Seppa-Tippy, diplômée du Groupement de Créateurs de Vaulx-en-Velin en 2005

En 2005, Vanessa Seppa-Titty faisait partie de la première promotion du Groupement de Créateurs initié par la Ville de Vaulx-en-Velin. Elle avait alors 21 ans et un projet partagé avec ses amies d’enfance : proposer des activités culturelles aux femmes de son quartier. Aujourd’hui, Vanessa Seppa-Titty est Présidente de l’association Culture-Elles, qui réunit 150 adhérents. Parallèlement, elle travaille à l’Inspection Académique et est Conseillère Municipale de la Ville de Vaulx-en-Velin.

Quel a été votre parcours avant d’entrer dans le Groupement de Créateurs ?
Je viens du quartier du Mas du Taureau, le quartier où la vague d’émeutes a démarré en 1990. J’ai fait ma scolarité à Vaulx-en-Velin puis au moment du collège, mes parents m’ont inscrite dans un établissement privé à Villeurbanne. Quand je revenais dans mon quartier, j’avais l’impression que je n’avais plus les mêmes centres d’intérêt que ceux qui étaient restés, et qu’on m’en voulait un peu d’avoir « changé ». Cette expérience a été déterminante pour moi. Je me suis rendu compte que le problème dans le quartier est qu’on reste tout le temps entre nous et on finit par penser que, quand on croise quelqu’un de différent, on ne va pas s’entendre.
Pendant mes années au collège et au lycée, j’ai été très active avec un groupe de copines d’enfance au sein du centre social, on prenait un tas d’initiatives. Par exemple, si on voulait partir en vacances sur la Côte d’Azur, on vendait des brioches et on organisait des projections de films pour récolter des fonds. Or il nous a semblé que les filles de la génération suivante étaient moins dynamiques. Autant au primaire les filles et les garçons se mélangent, mais à partir de la 6ème et de la 5ème, c’est chacun dans son coin. C’est beaucoup plus difficile pour les filles de s’occuper que pour les garçons, qui jouent au foot, font du sport. Les filles restent assises sur un banc, traînent au centre commercial. Elles n’osent pas faire des activités s’il n’y a pas d’autre fille. Certains maris et papas ne veulent pas que leurs femmes ou leurs filles fréquentent des lieux où il y a des garçons. C’est de là qu’est venue l’idée de mettre en place des activités qui ne se destinent qu’aux femmes, pour permettre aux plus pudiques de faire du sport entre-elles par exemple.
Mon Bac L et mon BAFA en poche, je suis entrée au Groupement de Créateurs pour travailler à l’émergence de ce projet et suivre le DUCA (Diplôme d’Université de Créateur d’Activité) à l’Université de Lyon 2.

Qu’est-ce que vous apporté le Groupement de Créateurs et comment votre projet a-t-il évolué ?

Comme j’ai fait des études littéraires, je ne connaissais rien à la comptabilité, au marketing ou à la communication. D’ailleurs le nom de l’association, Culture-Elles, nous est venu pendant le cours de communication ! J’ai aussi pu apprendre à faire une étude de marché, ce qui m’a permis de déterminer quelles activités intéresseraient les femmes, et de me rendre compte qu’on devait aussi trouver une solution pour la garde des enfants pendant les activités. J’ai regretté cependant que pendant la formation, on entendait surtout parler d’entreprise et pas assez d’association.
On a lancé l’association en juillet 2006 et rapidement proposé des activités pour les femmes, telles que des cours d’energy full (body combat) et de danse. Notre objectif a ensuite un peu évolué : il s’agit plus généralement de favoriser les échanges interculturels et intergénérationnels, d’apprendre à vivre ensemble. A Vaulx-en-Velin, les associations sont souvent organisées par communauté. Or on a de la chance de vivre dans une ville cosmopolite. On a donc souhaité davantage mélanger les cultures en organisant des soirées à thème, sur l’Afrique, le Maghreb, l’Asie, etc., avec des expositions, des défilés de tenue traditionnelle et des repas.
On a aussi développé des activités pour les familles le week-end, avec des événements ponctuels tels qu’une chasse aux œufs grandeur nature dans un parc, ou la visite de bibliothèques, du planétarium. Les habitants n’oseraient pas aller seuls dans ces lieux publics, mais y aller avec l’association les rassure et les encourage à y retourner. On essaie de proposer des activités qui répondent aux besoins et aux envies des habitants. On a même organisé une journée dans les magasins d’usine à Troyes pour permettre aux familles d‘acheter des vêtements de marque moins chers. On demande une participation de 5 Euros par personne ou 8 Euros par famille, ce qui nous permet d’avoir un peu d’autofinancement pour l’association, à côté des subventions de la Région Rhône-Alpes et de la Mairie dans le cadre du CUCS (Contrat urbain de cohésion sociale).

Quelles sont les perspectives de l’association Culture-Elles pour l’avenir ?

On veut organiser une grande fête pour les 5 ans de l’association et passer le relais à la génération suivante. Les fondatrices de l’association ont aujourd’hui des activités professionnelles, certaines sont devenues maman, donc on a parfois du mal à assumer tout le travail qu’implique l’association. Il est donc temps que les filles qui ont 18 ou 20 ans aujourd’hui reprennent cette initiative et reçoivent à leur tour les sourires et les remerciements des personnes qui viennent aux activités.

Propos recuellis par Cécile Campy


Pour contacter Vanessa Seppa-Titty et l’association Culture-Elles :
Association Culture-Elles
Espace Frachon - 3 avenue Maurice Thorez- 69120 Vaulx-en-Velin
Tél. : 06 18 41 30 33
Blog de l’association : http://culture-elles.skyrock.com/
Mail : seppavanessa@hotmail.com


Publié le 14/03/2012

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