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Un nouveau Groupement de Créateurs est né à Saint-Brieuc !

Un deuxième Groupement de Créateurs s’est lancé en Bretagne en janvier 2012, après le Groupement de Créateurs du Pays de Redon – Bretagne Sud : le Groupement de Créateurs des Côtes d’Armor. Initié par la Coopérative d’Activités et d’Emploi Avant-Premières en partenariat avec l’IUT de Saint-Brieuc (Université de Rennes 1) et les acteurs de la création d’activité et de l’Economie Sociale et Solidaire du territoire, le Groupement de Créateurs des Côtes d’Armor a souhaité donner une mention ESS marquée à son accompagnement, sans toutefois imposer que les projets accompagnés s’inscrivent dans le secteur de l’ESS.



Rencontre avec Alain Dejour, Responsable de la coordination du Groupement de Créateurs et Dominique Babilotte, Gérant d’Avant-Premières.

Le Groupement de Créateurs des Côtes d’Armor a été initié par la Coopérative d’Activités et d’Emploi Avant-Premières. Pouvez-vous nous présenter la coopérative ?
Dominique Babilotte :
Avant-Premières a été créée il y a sept ans, elle est adhérente au réseau Coopérer pour Entreprendre. Créées il y a une quinzaine d’années pour permettre à des demandeurs d’emploi de tester leur projet d’activité, les Coopératives d’Activités et d’Emploi sont devenues des entreprises partagées entre des entrepreneurs salariés qui développent chacun individuellement leur activité mais dans un collectif, dans une logique de coopération et de mutualisation. Les Coopératives d’Activités et d’Emploi sont à l’origine des lieux d’apprentissage à la fonction d’entrepreneur : tester son projet d’activité tout en acquérant des compétences de chef d’entreprise. Avant-Premières assure 3000 heures de formation collective et d’accompagnement individuel par an. Aux côtés de la coopérative généraliste, on a développé la filière Bâti-Premières, pour les personnes qui travaillent dans le secteur du bâtiment, et la filière Coop Domi Ouest dans les métiers des services à la personne. On a également créé une coopérative de projets, pour permettre à des personnes dont le projet n’est pas suffisamment mûr de les préparer à être opérationnelles avant d’entrer dans la Coopérative d’Activités et d’Emploi, et éviter ainsi qu’elles entament leur capital temps. Ainsi, on est depuis assez longtemps dans cette logique à la fois de formation et d’émergence, qu’on va retrouver dans le Groupement de Créateurs.


Pourquoi avoir initié un Groupement de Créateurs ?
Dominique Babilotte : J’avais depuis longtemps une préoccupation, qui était de valoriser les compétences acquises et le travail fourni par les entrepreneurs au sein de la coopérative . Ils sont dans la coopérative d’activités aujourd’hui, demain ils créeront peut-être leur boîte, et se retrouveront après-demain salariés. Aussi, tout cet acquis de compétences au sein de la coopérative mérite, à mon sens, d’être validé pour pouvoir être valorisé lors des futures étapes de la vie professionnelle des entrepreneurs.
Alain Déjour : Il y a aussi une dimension « égalité de droit et de dignité », la nécessité de déconstruire la hiérarchie entre les projets intellectuels et les projets manuels, alors qu’en fait on y apprend la même chose en termes de méthodologie de projet.
Dominique Babilotte : Aussi, quand on a découvert la démarche Groupement de Créateurs mise en œuvre à Redon, on s’est aperçu qu’elle allait bien au-delà d’une validation de compétences, et que, via la phase d’émergence, c’était un moyen de s’ouvrir à des gens qui n’étaient pas déjà dans la coopérative.

Comment s’est déroulée la mise en place de la phase de formation au DUCA (Diplôme d’Université de Créateur d’Activité) ?

Alain Déjour : Saint Brieuc a la chance d’être doté d’une organisation de l’offre universitaire, au sein d’un Syndicat de gestion du pôle universitaire (SGPU), financé par la communauté d’agglomération de Saint-Brieuc et le Conseil Général des Côtes d’Armor. Le SGPU anime les 28 opérateurs post-bac du territoire, dont les lycées qui proposent des BTS, l’AFPE, l’AFPA, le GRETA, et les universités. On a rencontré tout de suite un écho favorable auprès du SGPU. Le choix du partenaire universitaire s’est porté sur l’IUT de Saint-Brieuc (Université Rennes 1), doté d’un département Techniques de Commercialisation (TC), qui a accepté de prendre en charge le DUCA.
La rencontre entre la coopérative et le département TC de l’IUT a été l’occasion d’un choc culturel concernant l’approche du marketing. Même si l’IUT est un outil pragmatique, il encourage les porteurs de projet à mener d’abord des études marketing avant d’aller sur le terrain. Dans les coopératives d’activités, on dit exactement le contraire : vous allez sur le terrain, et après on analyse. Finalement, ces points de vue complémentaires se sont rapprochés et nous les avons combinés dans la formation DUCA. On est particulièrement attentif au développement des compétences commerciales des stagiaires car c’est bien de savoir gérer, mais pour avoir quelque chose à gérer, il faut d’abord savoir vendre !
Le partenariat avec l’IUT de Saint-Brieuc s’est mis en place relativement facilement, notamment parce que l’IUT a l’habitude de côtoyer des acteurs différents et de former des adultes. Et on s’est retrouvé sur des valeurs communes, telles que la nécessité d’accompagner chaque individu jusqu’au bout de son parcours, que ce soit au sein de la coopérative ou de l’IUT.
La création du DUCA a enfin été votée par le Conseil des Etudes et de la Vie universitaire (CEVU) de l’Université Rennes 1 en septembre 2011.

Quels sont les autres partenaires du Groupement de Créateurs ?
Alain Déjour : Nous travaillons avec les structures de l’économie sociale et solidaire, dont la Chambre Régionale d’Economie Sociale (CRES) de Bretagne et le réseau Rich’ ESS (Réseau Interactif des Chambres d’Economie Sociale et Solidaire de Saint-Brieuc), car nous avons souhaité donner au Groupement de Créateurs une mention « économie sociale et solidaire » extrêmement marquée. Sans imposer que les projets s’inscrivent dans le secteur de l’ESS, on a souhaité mettre l’économie sociale et solidaire dans tous les enseignements du DUCA, pour que les porteurs de projet aient cette culture, même s’ils ne la mettent pas immédiatement en pratique. C’est l’idée d’être un honnête entrepreneur, d’une entreprise durable, pérenne, qui n’est pas sur la prédation. C’est unique en France d’avoir une formation à l’entrepreneuriat qui comprend cet aspect économie sociale et solidaire au niveau IV, c’est-à-dire celui du Bac, et non au niveau Master.
Dominique Babilotte : Nous travaillons également en partenariat avec Cré’Actions, qui regroupe pratiquement tous les opérateurs de la création d’entreprise, notamment les chambres consulaires, la boutique de gestion, la pépinière, l’Adie. D’autres associations interviennent, telles que l’association Interstices, La Contremarche, sur la méthodologie de projet, Les Nouelles sur la délégation de pouvoir, les profils de postes, et aussi la Citrouille, qui est un lieu culturel. On a également des partenaires économiques, tels que Saint-Brieuc Entreprises, qui est une organisation d’entrepreneurs du territoire, et Côtes d’Armor Développement, qui intervient pour dresser le panorama économique du département, les secteurs porteurs, les difficultés et met son centre de ressources à la disposition des stagiaires de la formation DUCA.
Parallèlement aux enseignements qu’ils reçoivent, les stagiaires sont accompagnés par les permanents de la coopérative et bénéficient également d’un crédit d‘accompagnement par des personnes ressources, en fonction de leur projet et de leurs problématiques spécifiques, par exemple dans les circuits courts ou la culture, etc. Ainsi, chaque entrepreneur entre dans un réseau, ce qui est déterminant pour le développement de son activité. L’ensemble est coordonné par la coopérative Avant-Premières.
Alain Déjour : En termes de financement, le premier partenaire historique est le SGPU, qui soutient les deux phases du Groupement de Créateurs (émergence et formation DUCA). Le SGPU est lui-même financé par la communauté d’agglomération de Saint-Brieuc et le Conseil Général des Côtes d’Armor. Le Conseil Régional de Bretagne soutient la formation dans le cadre d’une Action Territoriale Expérimentale (ATE), avec l’objectif que ce soit pérennisé dans le Plan Breton de Formation. Pôle Emploi étant en partenariat avec la Région sur les ATE, il soutient également la formation DUCA en leur versant une rémunération pendant la formation DUCA. Enfin, on a obtenu de la part du Conseil Général et du Conseil Régional des financements complémentaires pour l’ingénierie du dispositif lors de cette année d’expérimentation, dans le cadre de leurs politiques de soutien à l’ESS.

Quel est le bilan de la première promotion, accompagnée en phase d’émergence en janvier puis en phase de formation DUCA de février à juin 2012 ?
Dominique Babilotte : Du fait de la validation tardive de certains financeurs, on a dû réaliser une phase d’émergence sur un temps très court, au mois de janvier. Cette phase a été dense, avec une douzaine de jours de travail collectif et individuel accompagné, plus le travail à réaliser à côté par les porteurs de projet de recherche d’informations, etc. Quand la formation DUCA sera inscrite dans le plan régional de formation et qu’on pourra anticiper un peu plus les délais, je pense que l’émergence se ferait de façon profitable de septembre à décembre.
Alain Déjour : Lors de cette première année d’activité, nous avons accompagné une quinzaine de personnes en phase d’émergence, de 22 ans à 58 ans, dont la moitié était non-bacheliers et d’autres à Bac + 5. Tous sauf un étaient demandeurs d’emploi, indemnisés ou non. 10 personnes sont entrées en phase de formation DUCA. Parmi ceux qui n’ont pas poursuivi en formation DUCA, deux sont allés à la création directement et une personne a dû abandonner pour cause de maladie.
Dominique Babilotte : En fin de formation DUCA, 9 stagiaires sur 10 ont été diplômés. Un stagiaire a abandonné pour des raisons personnelles. Lors du jury final, les enseignants de l’IUT ont été particulièrement impressionnés par la maturité des projets présentés et surtout par le chemin parcouru entre le moment où les stagiaires sont arrivés en formation et à leur sortie. La formation a donné de la hauteur aux porteurs de projet et la confrontation au terrain par le biais de la coopérative d’activités leur a été bénéfique.
Les projets étaient extrêmement variés : un écrivain public, un projet d’ingénierie de formation, un lieu de co-working numérique et solidaire, un projet de circuit moto devenu une maison d’accueil pour motards, une couturière qui souhaite appliquer le système de licence libre au modélisme de vêtements pour les personnes handicapées, un projet de livraison express devenu un espace de vente en circuit court entre les producteurs agricoles et les consommateurs, un espace de spectacles et de résidence à Paimpol, une esthéticienne dédiée aux femmes de plus de quarante ans… Aujourd’hui, la plupart ont lancé leur activité au sein de la coopérative d’activités.

Quelles sont les perspectives pour la deuxième année d’activité du Groupement de Créateurs des Côtes d’Armor ?
Dominique Babilotte : L’évolution des parcours des porteurs de projet accompagnés par le Groupement de Créateurs la première année a convaincu les partenaires institutionnels de maintenir leur soutien. Le financement de la Région dans le cadre des Actions Territoriales Expérimentales (ATE) est renouvelé, ainsi que celui du SGPU et de Pôle Emploi.
Alain Déjour : On a également un projet de partenariat avec l’association Finances et Pédagogie lors de la phase d’émergence, pour sensibiliser les porteurs de projets à la gestion de leurs relations avec les banques et les assurances.
La première année est une vraie réussite pédagogique, même si bien sûr de nombreux points sont encore à améliorer, cela nous engage sur l‘avenir. Nous souhaitons travailler en plus étroite collaboration avec les missions locale et accueillir plus de jeunes dans la formation .

Propos recueillis par Cécile Campy, directrice adjointe de l’ANGC, et Olivier Ursulet, stagiaire communication à l’ANGC.


Le site de la Coopérative Avant-Premières : http://www.avant-premieres.coop/


Publié le 18/10/2012

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