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Association Finances & P√©dagogie : amener les porteurs de projet √† mieux ma√ģtriser l'argent

Née en 1957, l'association Finances & Pédagogie  réalise des actions de sensibilisation et de formation autour du thème de l'argent auprès de tout type de public. Celles-ci sont déclinées par thématiques et reposent sur une démarche pédagogique d'accompagnement et de prévention. Ces programmes d'action sont développés essentiellement grâce au soutien financier du Groupe Caisse d’Epargne.
L'association Finances & Pédagogie collabore depuis 2007 avec des Groupements de Créateurs franciliens. Nous avons souhaité rencontrer son correspondant régional Ile-de-France Vincent Bénard pour évoquer le point de convergence des valeurs de cette association avec celles de notre réseau.


Pouvez-vous nous présenter la philosophie et les modalités d’action de Finances & Pédagogie ?

Finances & Pédagogie est une association nationale avec une organisation décentralisée, composée d'une équipe nationale qui accompagne et coordonne le développement des actions menées, et d'une équipe de correspondants très impliqués dans leur région.
L'association était appelée à l’origine « Centre de recherches sur le budget familial » (CRBF). Aussi, la plupart de ses salariés étaient des travailleurs sociaux. Ultérieurement la demande a évolué, et aujourd’hui, sur vingt-cinq collaborateurs, plus de 90% sont des anciens banquiers, avec une expérience dans différentes secteurs de la banque. Le profil est plutôt commercial, de formateur ou de directeur d’agence, ce qui est important puisque notre travail exige de connaître non seulement les produits et les placements bancaires, de crédits et d’assurances, mais également les clients, les vendeurs et les conseillers. Disposer d’un parcours professionnel de ce type constitue un bon atout pour la pertinence de nos activités.


Le Groupe Caisse d’Epargne est votre seul soutien financier ?


C’est le principal soutien, nous travaillons néanmoins sur la base de trois modèles économiques :
1- D’une manière générale, pour le secteur éducatif et scolaire et pour les petites associations de quartier, les prestations réalisées en termes de formation, d’ingénierie, de production de supports, etc., sont prises en charge par Finances & Pédagogie, donc grâce au soutien de la Caisse d’Epargne.
2- Pour les structures qui ont un budget un peu plus conséquent, comme les grandes associations nationales telles que les Restos du Cœur, le Secours Catholique, la Croix Rouge, ou des associations du type centre de réadaptation professionnelle, ou les grands acteurs de territoires (conseil généraux …), nous intervenons en échange d’une participation financière, dont les montants contribuent à l’ingénierie pédagogique, à la production de supports, etc. Néanmoins, la partie la plus importante des coûts restera à la charge de Finances & Pédagogie.
3- Le troisième volet de nos actions est celui de la formation professionnelle auprès de salariés d’entreprise publiques ou privées, et auprès de travailleurs sociaux ce qui permet une démultiplication des savoirs en aval. Compte tenu du nombre réduit des effectifs de l’association sur le territoire national –nous sommes vingt-cinq correspondants au total- nos capacités pour le couvrir dans son ensemble sont très limitées et, par conséquent, nous essayons au maximum de former ou d’informer des gens qui deviendront des relais. Dans ce cas de figure, nos interventions sont présentées dans le cadre de la formation professionnelle, et de ce point de vue elles seront appuyées par exemple par les Conseils généraux ou la Caisse d’allocations familiales selon le cas. Dans le cas du microcrédit nous avons développé à trois reprises un programme de formation auprès des têtes de réseau travaillant dans le secteur avec l’appui de la Caisse de Dépôts et Consignations. Aujourd’hui, sur ce thème du microcrédit, un partenariat efficace est développé avec le Crédit Municipal de Paris et une quinzaine de rencontres par an sont programmées avec les bénéficiaires des Microcrédits.

Dans le mode de développement visé actuellement, nous pouvons distinguer un volet d’intervention éducatif et scolaire, notre agrément « éducation nationale » nous permet d’effectuer des formations en collège, en lycée, dans des centres d’apprentis, en école ou encore en faculté. Celui-ci est justement le point de rencontre avec le Diplôme d’Université de Créateur d’Activité du réseau des Groupements de Créateurs. Le volet éducatif et scolaire concernerait à peu près 15% de l’activité de l’association sur l’Ile de France. Ainsi, la grande majorité de notre activité restera concentrée sur le secteur associatif et social, comme par exemple les interventions auprès des missions locales, des travailleurs pauvres, les réseaux travaillant avec la thématique du handicap, ou encore l’accompagnement de la population des détenus. Ce dernier est par exemple le cas de mes interventions sur des programmes spécifiques lancés par le gouvernement à l’initiative de Martin Hirsch, je fais référence à « Réussir Sa Sortie » (R2S) orienté à la prévention de la récidive.


Quelle philosophie, quelles valeurs amènent la Caisse d’épargne à s’engager dans une action socio-éducative d’une telle ampleur ?


La philosophie sous-jacente à l’activité de l’association doit être comprise sur la base des valeurs et des principes qui sont au cœur de son métier :
• Une forte implication conjuguée avec une exigence de qualité et accompagnée d'une grande proximité relationnelle et géographique
• Une expertise appuyée sur une pédagogie active pour donner des repères indispensables pour la bonne gestion d'un budget
• Une capacité à s'adapter à tous les publics, par les modes d'intervention, les outils pédagogiques utilisés.

Cette philosophie, ces valeurs, sont dans les gènes de la Caisse d’Epargne
. En France, la première Caisse d’Epargne fut créée à Paris en 1818 par deux philanthropes, La Roche Foucault et Delessert, dont l’idée était d’apprendre et inciter les gens (« les indigents ») à l’épargne. Ultérieurement ceci s’est développé au fur et à mesure dans le cadre de ce qu’on appelait l’ « intérêt général », qui a toujours été une valeur forte du groupe. Au fil des années, les axes d’intervention se sont modifiés, et une des priorités aujourd’hui est celle de l’éducation budgétaire et financière ainsi que le soutien du microcrédit par le biais de l’association Parcours Confiance. Pendant une dizaine d’années on a appuyé des projets d’économie locale et sociale, il y a plus de soixante millions d’euros investis sur des projets d’aide à l’insertion, à l’autonomie. Ce n’étaient pas des prêts, c’étaient des dons. Soixante millions d’euros, c’est réellement considérable.

Peu d’acteurs dans le milieu bancaire peuvent afficher une telle volonté et de tels investissements. Le groupe Caisse d’Epargne, sa Fondation, ainsi que sa Fédération ont, aujourd’hui, pour des raisons économiques évidentes, été obligés de faire des choix mais l’engagement dans la R.S.E. est bien présent et les activités de philanthropie, de mécénat et de soutiens aux projets continuent.

L’appui de Finances & Pédagogie aux Groupements de Créateurs date déjà de quelques années, pouvez-vous nous expliquer ce qui le motive ?

L’histoire de Finances & Pédagogie et les Groupements de Créateurs est le fruit d’une rencontre avec la Mission Locale des Bords de Marne, porteuse du Groupement de Créateurs du Val de Marne
. On a commencé par une intervention au sein de la Mission Locale auprès des conseillers, et j’ai eu connaissance de ce dispositif innovant qui permettait d’appuyer des porteurs de projet. J’ai demandé si l’intervention de Finances & Pédagogie » pouvait être utile. On a fait un essai pendant la phase d’émergence de l’année 2007 et, a priori, les deux missions locales qui opéraient à l’époque sur le territoire se sont montrées très satisfaites des retours des porteurs de projet. J’ai trouvé très satisfaisant d’avoir contribué à cette expérience. Ensuite, au niveau de la phase de formation au sein de l’IUT, le retour fut également très encourageant et, nous avons décidé de continuer avec cette collaboration.

Avec le Groupement de Créateurs du Val de Marne (94), nous reproduisons depuis cette expérience tous les ans, et avec d’autres Groupements de Créateurs notre intervention est plus ponctuelle comme ce fut le cas du Groupement de Créateurs de Seine et Loing (77), ou bien avec celui de Sénart (77 Sud). Pour l’instant le Groupement de Créateurs de la Seine-Saint Denis (93) renouvelle l’expérience et nous allons démarrer aussi l’action avec celui de Marne-la-Vallée / Val Maubuée (77 Nord). Sur le plan national, mon collègue de Saint Brieuc va instaurer également cette collaboration.

Au-delà de l’indispensable démystification de la relation avec la figure du banquier et de l’importance de l’apprentissage de la gestion d’un budget, vous avez développé une première approche dans le domaine des assurances. Parlez-nous du contenu de vos interventions :

Auprès des Groupements de Créateurs, j’interviens quatre fois, sur quatre demi-journées. Nous avons affiné les thèmes abordés au fil du temps. Il y a trois interventions que je réalise seul, l’approche est volontairement centrée sur le plan personnel. Il y a des liens qui se font en permanence avec le monde professionnel, mais nous sommes partis du principe que, finalement, quelqu’un qui anticipait, qui prévoyait un budget et qui regardait avant de signer, s’il avait ce réflexe à titre personnel, il l’aurait aussi à titre professionnel. L’idée a été de mettre le zoom sur les stagiaires eux-mêmes : par rapport à l’argent vous en êtes où ?
Ensuite la construction de passerelles avec le domaine professionnel est une tâche aisée : un découvert bancaire devient dans cet autre contexte une facilité de caisse, etc. La problématique est au fond la même, les agios se calculent de la même manière... Il n’y a pas de grande différence. Par ailleurs, les interventions de la Boutique de Gestion et de l’IUT sont prévues pour les autres aspects. Ces trois interventions sont centrées sur qu’est-ce que la banque, comment on l’utilise ; le budget, comment on peut élaborer un budget ; les crédits, quelles en sont les exigences et les conditions d’obtention, quels sont les impératifs à respecter, quels sont les divers types de crédit existants, quels sont les « indicateurs de danger » à respecter pour éviter l’endettement. Le volet centré sur les assurances concerne le plan personnel mais aussi la protection d’activités professionnelles : garantir son stock, garantir sa personne, garantir son activité. A ce jour on ne fait qu’aborder le système des assurances pour éveiller l’envie des gens à aller plus loin. L’idée est de suggérer, d’essayer d’intéresser les stagiaires dans ce domaine normalement très éloigné de leurs préoccupations. Nous cherchons à leur rappeler que le projet peut être excellent, le créateur génial, mais si au niveau de la gestion ou de la protection, il y a des défaillances, si au niveau du rapport à la banque il y a des freins, la vie du projet risque d’être éphémère.
Voilà l’essentiel des trois interventions que je réalise individuellement. Pour la quatrième séance j’ai pour habitude de faire intervenir un de mes collègues banquiers qui est encore en fonctions, il s’agit d’un directeur d’agence. Cette rencontre permet aux stagiaires de se livrer à une séance de questions-réponses en direct, avec un « vrai banquier ». C’est un regard un peu différent, et de ce fait il peut leur apporter une dernière ouverture, cette intervention est également très appréciée. D’ailleurs, avec deux directeurs d’agence, on a monté un module sur la base des questions posées par des stagiaires.
En somme, cela fait six ans que nous avons commencé à travailler ensemble. L’idée était d’expérimenter, de se dire « est-ce que c’est une expérience positive, donne-t-elle satisfaction à toutes les parties concernées ? » Les réponses du Groupement de Créateurs du Val de Marne et du Groupement de Créateurs de la Seine Saint Denis s’orientent clairement dans ce sens. Le Groupement de Créateurs de Marne-la-Vallée projette d’intégrer l’expérience. La question est aujourd’hui de se dire « comment peut-on renforcer les liens ? ».
Une première piste serait celle qui découle des exigences du nouveau référentiel de compétences développé dans le cadre de la démarche d’inscription du DUCA au RNCP qui intègre un module consacré au choix des assurances.

Pour finir, si vous deviez définir en une phrase l’esprit de vos interventions auprès des porteurs de projet accompagnés par les Groupements de Créateurs :
Le sens de mes interventions autour des thématiques d’argent, c’est principalement d'aider les jeunes créateurs à anticiper et prévoir afin de mener vies et projets. Les amener à mieux maîtriser « l’argent », les inviter à se questionner, à bien se connaitre, à savoir s’entourer de partenaires fiables et éviter l’urgence.


Propos recueillis par América Ferragne, Chargée de mission à l'ANGC


Pour contacter Vincent Bénard : vincent.benard@ceidf.caisse-epargne.fr

Le site Internet de Finances & Pédagogie : http://www.finances-pedagogie.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié le 22/11/2012

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