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L'UIMM et son fonds A2i : lorsque l'industrie et l'insertion travaillent ensemble.

L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), l’une des plus anciennes fédérations patronales françaises, a apporté une dotation de 3 millions d’euros au Fonds d’expérimentation pour la jeunesse initié en 2008 par Martin Hirsch, alors haut-commissaire à la jeunesse. Une partie de cette dotation a été dédiée à l’expérimentation des Groupements de Créateurs, dont les résultats seront publiés en 2014. Depuis, l’UIMM a renforcé son action dans le champ de l’insertion en créant le fonds Agir pour l’insertion dans l’industrie (A2i) en 2009.

Nous avons rencontré Denis Boissard, qui, après une carrière dans le journalisme comme rédacteur en chef adjoint du « Nouvel Economiste », puis directeur de la rédaction de « Liaisons sociales, a rejoint en 2009 l’UIMM, comme directeur de projets, et le fonds A2i, dont il est le directeur général.

Pourquoi l’UIMM a-t-elle choisi de soutenir le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse ?
Sollicitée en 2008 par Martin Hirsch alors qu’il était haut-commissaire à la jeunesse, l’UIMM a été séduite par la démarche du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ) qui permet à la fois d’expérimenter des actions destinées à favoriser l’insertion des jeunes en difficulté et de les évaluer de façon scientifique. Le fonds A2i n’ayant pas encore été créé, c’est l’UIMM qui a décidé de soutenir l’action du FEJ à hauteur de 3 millions d’euros, en convenant avec le FEJ de pouvoir choisir les actions précises sur lesquelles serait fléchée la dotation de l’UIMM.
Ce que l’UIMM défend au travers de son soutien et de sa présence au conseil de gestion du FEJ, c’est l’importance de se laisser des marges pour expérimenter dans le domaine de l’insertion. De nombreux dispositifs publics ont déjà été tentés pour lutter contre le chômage des jeunes. Sous des dénominations différentes au fil des années, les gouvernements reproduisent peu ou prou les mêmes recettes, dont beaucoup s’avèrent efficaces pour sortir temporairement les jeunes des statistiques du chômage, mais plutôt inefficaces en termes d’insertion durable dans l’emploi. Les mesures contre le chômage sont trop souvent concoctées au sein des ministères, alors qu’on devrait s’appuyer sur l’expertise des acteurs qui travaillent sur le terrain. En ce sens, la création du FEJ est vraiment une bonne idée, car elle permet d’expérimenter, puis d’évaluer, des dispositifs innovants conçus sur le terrain, à l’instar des Groupements de Créateurs. Et si les dispositifs se révèlent efficaces et efficients, alors il ne faut pas hésiter à les dupliquer et à les généraliser.

Qu’est-ce qui a décidé l’UIMM à affecter une partie de sa dotation au FEJ aux Groupements de Créateurs ?

Bien qu’elle ne soit pas directement ciblée vers des débouchés dans les métiers industriels, la démarche Groupement de Créateurs nous a paru intéressante car elle part des attentes des jeunes, de leurs souhaits et de leurs motivations, plutôt que de décider à leur place ce qui est bien pour eux. De notre point de vue, même si la majorité des jeunes ne parviennent pas à une création effective d’activité, la démarche Groupement de Créateurs leur permet de structurer leur projet professionnel, de mieux appréhender les contraintes économiques et les difficultés du marché du travail, et donc de gagner en autonomie dans la recherche d’emploi. Ce dispositif permet de vérifier avec les jeunes porteurs d’idée si leurs projets sont viables ou pas, éventuellement de décider d’en faire le deuil. En tâtonnant tout au long de l’émergence de leur projet, ils apprennent à mieux se positionner en fonction de leurs aptitudes et des contraintes du marché. Si au terme de l’évaluation dans le cadre du FEJ, la démarche Groupement de Créateurs se révèle efficace, elle pourrait être utilement généralisée à l’ensemble des Missions Locales.

Pour quelles raisons l’UIMM s’est-elle dotée du fonds Agir pour l’insertion dans l’industrie (A2i) ?
La première raison est citoyenne : une grande fédération comme l’UIMM, qui regroupe la moitié des entreprises industrielles en France, devait apporter sa pierre à la lutte contre l’exclusion. La deuxième raison est d’ordre économique : l’industrie connaît de sérieuses difficultés de recrutement, notamment sur des métiers correspondant aux premiers niveaux de qualification, tels que soudeur, tuyauteur, chaudronnier, opérateur sur machine à commande numérique… Même si la métallurgie perd globalement des emplois, elle continue à recruter massivement, entre 100 000 et 120 000 personnes par an, du fait des départs à la retraite des générations du baby boom.
Peu visibles comparés à d’autres métiers tels que ceux du bâtiment, de l'hôtellerie- restauration ou des services à la personne, les métiers industriels sont méconnus et ne sont pas assez valorisés par notre système d’information et d’orientation professionnelle. De plus, l’industrie souffre en France d’une image négative. Elle est, le plus souvent à tort, perçue comme étant sale, polluante, offrant des conditions de travail éprouvantes, et des perspectives d’emploi peu sécurisantes, une perception alimentée par la multiplication des annonces de plans sociaux.
Face à ces difficultés de recrutement, l’UIMM, qui a depuis longue date créé son propre dispositif de formation en alternance, a décidé d’aller chercher des publics auxquels la métallurgie ne s’adressait pas ou peu jusqu’ici : les jeunes en situation d’échec scolaire, les chômeurs de longue durée, les allocataires de minima sociaux, les femmes qui reviennent sur le marché du travail après plusieurs années consacrées à leur famille, les personnes en situation de handicap, les détenus proches de la sortie de prison…
Or ces publics peuvent rarement s’insérer directement dans un emploi, soit parce qu’ils rencontrent des problèmes périphériques à l’emploi, par exemple liés à leur mobilité ou à des addictions, soit parce qu’ils, notamment les plus jeunes, méconnaissent les codes de l’entreprise, les comportements en usage dans un univers de travail, ou encore parce qu’ils n’ont pas acquis le socle de connaissances de base indispensables pour occuper un emploi dans l’industrie ou entrer en formation qualifiante.

Quelles sont les actions soutenues par le fonds A2i et comment solliciter son soutien ?
Le fonds Agir pour l’insertion dans l’industrie (A2i) a été créé par l’UIMM en décembre 2009 pour favoriser l’insertion des personnes éloignées de l’emploi, jeunes ou adultes, dans les métiers industriels. Avec une dotation de 70 millions d’euros sur cinq ans, A2i finance des « sas » qui permettent à ces publics de se remettre à niveau et d’intégrer ensuite des emplois ou des formations qualifiantes. Les actions financées sont issues de partenariats nés et pilotés sur le terrain par les 75 UIMM territoriales, généralement avec des structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) locales. Elles travaillent avec les Missions Locales et le Pôle Emploi pour mobiliser des candidats et leur faire découvrir les métiers industriels dans le cadre de parcours de découverte. Les structures soutenues par le fonds A2i ont pour responsabilité de remettre les personnes à niveau, notamment sur les aspects de savoir-être, et de régler leurs éventuels problèmes périphériques.
A l’issue de ces actions spécifiques, les personnes sont accueillies soit directement dans l’emploi pour celles qui ont un niveau de qualification suffisant, soit, et c’est le plus souvent le cas, dans une formation en alternance, où elles passent la moitié de leur temps en entreprise tout en acquérant une qualification reconnue dans la métallurgie, par exemple des CQPM ou des CQPI, ou un baccalauréat professionnel en apprentissage.
Notre constat est que, pour que ces actions soient efficaces, il faut qu’elles soient conçues en lien étroit avec les UIMM territoriales. Les structures qui veulent entrer dans cette démarche sont donc incitées à aller rencontrer les correspondants de l’UIMM sur leur territoire, dont elles peuvent trouver les coordonnées sur le site du fonds (www.fonds-a2i.fr). Elles devront leur démontrer, d’une part, que les actions qu’elles proposent seront efficaces en termes d’insertion dans les métiers industriels et, d’autre part, qu’elles ont les qualités et l’assise financière suffisante pour les mener à bien. Elles doivent obtenir des cofinancements couvrant 50 % du coût de l’action, qui garantissent que la pertinence de l’action proposée a été reconnue par d’autres acteurs. La convention de partenariat avec le fonds A2i prévoit des critères d’évaluation, généralement des taux de sortie vers la formation qualifiante et l’emploi industriel. Cette exigence de suivi et d’évaluation des actions résulte d’une volonté de la gouvernance du fonds A2i, dont le Conseil d’administration est présidé par Anne Lauvergeon et composé de personnalités telles que Jean-François Pilliard, délégué général de l’UIMM, Jean-Baptiste de Foucault, fondateur de Solidarités nouvelles face au chômage, ou François Souage, président du Secours Catholique.
A ce stade, plus de 9 millions d’euros ont été engagés sur près de 90 actions, que le fonds soutient en général sur deux ou trois ans. Potentiellement, plus de 11 000 jeunes et adultes devraient bénéficier des actions aujourd’hui engagées avec notre soutien.

Quelles sont les perspectives de l’action de l’UIMM et du fonds A2i en matière d’insertion ?
Après trois années de soutien à des actions très différentes, nous avons aujourd’hui le recul nécessaire pour capitaliser sur les bonnes pratiques, formaliser les démarches qui nous paraissent les plus efficaces et opérationnelles, pour pouvoir les diffuser plus largement sur le territoire.
Nous avons récemment réalisé un tour de France de l’insertion dans l’industrie avec Anne Lauvergeon, pour aller voir sur le terrain un certain nombre d’actions soutenues par A2i. Nous présenterons les actions qui nous semblent les plus probantes lors d’un événement à Paris le 13 décembre 2012 devant un certain nombre de grands témoins, notamment le Ministre du travail et de l’emploi, Michel Sapin, avec l’idée de capitaliser sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves. Nous souhaitons faire passer le message auprès des pouvoirs publics qu’il faut soutenir l’insertion par l’activité économique, quitte à être exigeants vis-à-vis des structures en les orientant davantage qu’elles ne le sont aujourd’hui vers les métiers en tension.

Propos recueillis le 31 octobre 2012 par Cécile Campy, Directrice adjointe de l'ANGC


Pour en savoir plus sur le fonds A2i : http://www.fonds-a2i.fr/

Site Internet de l'UIMM : http://www.uimm.fr/


Publié le 22/11/2012

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