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Marie-Paule Prudhomme : "avoir la possibilité d’un retour à la formation continue est une nécessité"

Enseignante en Economie Gestion depuis trois ans au sein de l’Université Paris Descartes et précédemment à l’Université Bretagne Sud, Marie-Paule Prudhomme est actuellement directrice des études des Carrières sociales option Assistance sociale. A partir de cette année elle assume la responsabilité de la formation DUCA à l’IUT Paris Descartes, en partenariat avec le Groupements de Créateurs de Paris et le Groupement de Créateurs des Hauts-de-Seine récemment créé.

Vos premiers contacts avec les Groupements de Créateurs et vos premiers pas dans le réseau ont eu lieu au sein de l’Université Bretagne Sud, pouvez-vous nous en parler un peu ?
En Bretagne Sud, j’étais enseignante en Economie et Gestion, et j’ai, en effet, été responsable du DU Création d’Activité (DUCA), dont la première édition a été lancée en 2006. J’ai accompagné deux ou trois promotions du premier DUCA et contribué à la création de la nouvelle version du diplôme en 2007, avec l’appui du département GEA (Gestion des entreprises et des administrations) de l’IUT de Vannes et le service de formation continue de l’Université Bretagne Sud.
Arrivée il y a trois ans au sein du département Carrières sociales de l'Université Paris Descartes, j’ai d'abord mis en place un module Création d’activité dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, pour les étudiants de deuxième année. Il m’a semblé intéressant de travailler avec eux sur la création d’activité, notamment dans le domaine associatif. Ce module a ensuite facilité la mise en place du DUCA, en intégrant des enseignants de GEA qui vont travailler avec nous pour le DUCA.

Pourquoi l’Université de Paris Descartes, par le biais de l'IUT, s’est-elle impliquée dans la démarche du Groupement de Créateurs ?
Pour nous, il est nécessaire de s’impliquer dans la thématique de la création d’activité, mais, au sein du département Carrières sociales, nous sommes essentiellement intéressés par l’accompagnement d’acteurs dans le cadre d’une promotion sociale.
Lorsque j’évoque la « promotion sociale » je fais référence à l’insertion. Dans le cadre du DUCA il y a un objectif d’insertion évident, mais on vise aussi le retour aux études, à la formation. De nos jours, avoir la possibilité d’un retour à la formation continue est une nécessité.
Or, lorsqu’on regarde les statistiques, il est possible d’observer qu’en formation continue on sélectionne en priorité des gens très diplômés, qui ont des cursus longs. Quand la possibilité existe, comme dans le cadre d’un dispositif comme celui du DUCA, il est indispensable de permettre à des jeunes, souvent dépourvus de diplôme, d’accéder à une formation continue longue pour être accompagnés dans le cadre de la création d’activité, personnellement je trouve qu’il s’agit d’un élément très positif. Nous avons un double objectif : la formation professionnelle et la revalorisation du parcours et de la personne à travers la formation.

Est-ce qu’il serait pertinent de situer cette démarche comme un engagement sociétal de l’université elle-même ?
Oui, bien sûr. Il est important de signaler qu’il ne s’agit pas d’un aspect nouveau pour l’IUT Paris Descartes, l’établissement a déjà une tradition en la matière. Comme à Vannes d’ailleurs, nous avons un Diplôme d’université dans le domaine bancaire pour les travailleurs handicapés, mené conjointement par le département Techniques de Commercialisation et par le département Carrières Sociales.

En ce qui concerne le partenariat, que pouvez-vous nous dire actuellement par rapport à la première session de la formation DUCA en 2013 ?
Nous allons travailler avec deux Groupements de Créateurs : le Groupement de Créateurs de Paris, notre partenaire territorial naturel, et le Groupement de Créateurs des Hauts de Seine, porté par la Maison de l’Emploi de Rueil Suresnes, créé en septembre 2012.
Selon les dernières informations transmises par les responsables des deux Groupements de Créateurs, le partenariat correspondant à l’Opérateur technique à la création d’activité est déjà défini, ce serait la BGE PaRIF en principe.

Comment la mise en place du DUCA a-t-elle été reçue au sein de l'IUT Paris Descartes ?

A ce niveau, je suis très satisfaite. J’avais déjà abordé la question précédemment avec le directeur de l’IUT lors d’une réunion à Saint Denis, où il avait manifesté son souhait de mettre en place des formations et des diplômes autour de l’accompagnement à la création. Aussi, lorsque j’ai parlé de cette formation de manière plus approfondie en mars 2012, alors que le début de l’action était pratiquement imminent, tout a avancé très vite. J’ai tout de suite présenté le projet au niveau d’une réunion des directeurs de départements, et tout le monde a adhéré. Il y a eu une réaction très positive par rapport à la mise en place de cette formation. De la même manière, au niveau du service de la formation de l’IUT, ils ont montré tout de suite de l’intérêt, et on a eu un feu vert très rapidement.

Comment pouvez-vous l’expliquer ? Quel est l’impact que cela peut avoir sur l’université ou sur l’IUT ?
Pour mettre en place ce diplôme, il faut vraiment des personnes moteurs, il faut une énergie, une envie. Il faut aussi un travail de réseau. C’est vrai que j’ai eu la chance de connaître auparavant l’équipe de l’Association Nationale des Groupements de Créateurs (ANGC) et de travailler dans ce cadre-là, ce qui facilite la prise de contact. Le travail m’est aussi en partie facilité parce que, d’une part, j’avais déjà monté le diplôme et, d’autre part, je connais l’équipe. S’il avait fallu tout reprendre de A jusqu’à Z, je pense que le processus aurait exigé beaucoup plus de temps. Il aurait fallu au moins un an pour pouvoir monter le dossier et démarrer la formation.

Vous allez travailler avec le Groupement de Créateurs de Paris, qui a déjà de l’expérience, mais également avec un Groupement de Créateurs tout à fait nouveau.
Sur ce plan, je me retrouve un peu dans la situation du démarrage du DU avec la Maison de l’Emploi de Redon, qui était la Mission Locale concernée à l’époque, et l’Université de Vannes, avec un Groupement de Créateurs qui démarre, celui des Hauts-de-Seine. On sait très bien qu’il est toujours difficile de mettre en place les premières promotions, difficile d’arriver à la formation. Il y a toute une expérience à acquérir. De l’autre côté, on a un Groupement de Créateurs qui fonctionne depuis plusieurs années, celui de Paris, qui a déjà accompagné plusieurs promotions, et qui, en termes d’organisation, de suivi de groupe et de mise en œuvre de la phase d’émergence, est déjà solide. Je pense qu’il sera intéressant d’observer ce qui va se passer. Il y aura peut-être un effet d’aubaine entre le Groupement de Créateurs qui démarre et celui qui a déjà une bonne expérience. Ça peut être intéressant de voir comment l’un va profiter de l’autre, et je sais que c’est déjà le cas.

Quelles perspectives pouvez-vous envisager pour ce partenariat ?

Travaillant dans le département Carrières sociales sur le développement local, je pense que la première des vertus de ce DU est l’impact en termes de développement local au niveau de l’emploi. Dans le contexte économique dans lequel nous sommes, permettre à des personnes soit un retour à l’activité, soit un développement de nouvelle activité avec un fort ancrage local. Je pense qu’on a tout à gagner et beaucoup de choses à apprendre, qui peuvent être transposables dans d’autres formations et dans d’autres diplômes. C’est vrai que, à Paris, on est sur un terrain économique où, à la fois dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, mais aussi dans l’économie tout court, il y a beaucoup d’expérimentations. Quelque part, ça me réjouit, et je me dis que ça peut aussi être un bon terrain d’observation pour les animateurs que nous formons, qui eux aussi sont souvent dans leur terrain de stage sur une problématique d’insertion, de développement, de nouvelles activités. Je pense qu’il y aura, certainement dans les années à venir, des passerelles. Je pense que ces formations peuvent se nourrir mutuellement.
Il peut y avoir une synergie intéressante entre les formations, et aussi entre les étudiants, qui suivent des modules pour l’accompagnement à la création d’activité, alors qu’ils sont à un autre niveau, qu’ils font deux ans de formation en gestion des organisations (plutôt orienté association). Pour ceux qui suivent le module Création d’activité, cela peut être intéressant aussi de mettre en place des formes de tutorat, d’échanges, entre ces étudiants qui sont intéressés par la création d’une structure. Mais notre objectif est, dans un premier temps, de passer le cap organisationnel avec la mise en place de deux groupes en DUCA, ce qui n’est pas évident. Ensuite, les voir fonctionner pendant ces trois-quatre mois de présence à l’IUT, pour enfin, retravailler en établissant des passerelles avec les formations qui sont présentes à l’IUT, au travers de projets communs, de conférences communes. Je pense qu’il y a des choses à travailler en synergie.

Propos recueillis par América Ferragne en janvier 2013.


Qui contacter pour bénéficier de l'accompagnement du Groupement de Créateurs des Hauts-de-Seine ?

Danielle Le Gall, animatrice du Groupement de Créateurs des Hauts-de-Seine
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Accès : Bus 144 depuis la Défense arrêt Estienne d’Orves ou T2, arrêt Belvédère ou Suresnes Longchamp
Tel : 01 41 18 15 86
Email : groupement.de.créateurs.92@gmail.com


Publié le 27/03/2013

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